Nous sommes mercredi 5 août, au rond point de la zone Nel – un lieu de prédilection en matière de contrôle d'identité. Outre les taxis, les gros bras de la Police nationale attendent « un 4x4 noir avec un homme au volant et une femme à ses côtés », dit l'un d'eux. Ils ne savent pas vraiment à quelle heure ils doivent passer, mais ils sont certains que la femme n'a pas les bons papiers. Pendant qu'un collègue, casquette de la Police à l'envers, scrute les voitures qui arrivent de Kawéni et manque d'arrêter un 4x4 noir avec un homme et une femme à ses côtés avant de se raviser en voyant que la compagne est blanche, le flic raconte l'affaire à des amis qui boivent un café dans le petit bistrot du coin, sans se douter qu'un journaliste aussi, boit son café.
L'histoire lui semble habituelle : c'est le conducteur lui-même qui a appelé la PAF pour de débarrasser de sa maîtresse, en situation irrégulière. Dans la bouche du policier, bras gros comme des cuisses, ça sonne plus cru : « Le mec l'a baisée et maintenant, il veut s'en débarrasser parce qu'il en a trouvé une autre ! » Une manière plutôt originale d'éviter tout chantage d'une ex-maîtresse peu reconnaissante ... À en croire le gros bras, ce n'est pas la première fois qu'une telle entourloupe est commise.
« C'est dégueulasse ! », ose le flic dans un semblant de lucidité. Pas au point de cracher sur une belle occasion d'ajouter une unité à son compteur de « clandos renvoyés » : la police a convenu avec l'amant peu recommandable d'un point de chute où elle récupèrerait la « marchandise » avant de la reconduire à la frontière sans que l'ex-amant n'en soit tenu pour responsable. Quand le 4x4 de marque japonaise s'approche, le collègue sonne l'alerte. Le cinéma peut commencer sous l'½il amusé des buveurs de café : les deux policiers demandent leurs papiers à l'un et à l'autre ; le conducteur s'exécute sans broncher, l'air faussement surpris ; sa compagne fait semblant de chercher dans son sac avant de sortir son passeport comorien et un papier qui ne convainc pas les officiers ; le gros bras la fait sortir et l'amène dans la camionnette pendant que l'autre « fait la leçon » au conducteur, histoire de marquer le coup. Le spectacle est plutôt comique, à en croire les remarques des buveurs de café et le sourire du gros bras.
Quand l'amant déchu repart, tout le monde ricane. Pendant l'heure durant laquelle les policiers ont investi le rond-point, aucune autre voiture de particulier n'a été arrêtée.
Source : upanga n°7 – 14 août 2009.







Comores
Mayotte
États-Unis

Ndregué, Posté le vendredi 21 août 2009 02:10
Pauvres anjouanais !
ici on les traite comme du bétail!