En m'adressant à vous ce jour, je ressens une vive émotion. Et mes premiers mots vont vers Dieu le tout puissant, à qui je rends grâce car lui seul connaît le destin des hommes.
En ces instants particuliers pour moi, ma pensée va aux centaines de milliers de comoriens qui m'ont témoigné de leur confiance. Je leur exprime ma joie et ma reconnaissance d'avoir été choisis par eux sans aucune ambigüité au premier et au second tour de ces élections.
Je pense aussi sincèrement et fraternellement bien entendu à tous ceux qui m'ont accompagné dans cette campagne. Je leur fais part de toute ma gratitude.
Je pense à l'instant présent à mes regrettés parents, j'ose espérer qu'ils sont fiers du parcours accompli avec l'aide de Dieu et leur bénédiction. Ce sont eux qui m'ont transmis la foi en Dieu, l'amour de la patrie, le goût du savoir et la volonté de réussir et plus que tout, la valorisation du travail.
Toutes ces qualités, j'entends les mettre au service des Comoriens. Que Dieu les bénisse et que Dieu bénisse tous les parents comoriens qui nous préparent pour demain, l'avenir des Comores.
Mes chers compatriotes,
Le peuple comorien s'est exprimé le 26 décembre, la CENI a proclamé la victoire le 29 décembre et aujourd'hui 13 janvier, la Cour Constitutionnelle vient de valider ces résultats qui ont vu 60.91% des comoriens voter pour Mes colistiers et moi même.
A tous les comoriens qui n'ont pas voté pour moi, se sont abstenus ou ont voté nuls. Je vous dis que je vous ai entendu, nous avons entendu votre message et nous allons nous efforcer de vous redonner espoir en votre pays, je serais pour cinq ans votre Président, un Président qui prendra la mesure des attentes de tous.
A mes opposants politiques, je tiens à leur dire tout le respect que j'ai pour leur combat. Nous ne partageons pas les mêmes valeurs mais nous sommes tous des démocrates et je sais ainsi que vous vous soumettrez au verdict du peuple validé par la Cour Constitutionnelle comme je m'étais engagée à le faire. Vous avez vaillamment défendu vos idées et vous les défendrez encore j'en suis sûr. Mais lorsque l'intérêt supérieur de la Nation l'exige nous devons porter haut les couleurs des Comores et nous battre pour la sauvegarde de la patrie et de notre démocratie.
Mes chers compatriotes,
L'enfant comorien de Mwali rappelle que ce jour, est avant tout celui de la victoire des Comores, celle de la démocratie et celle des valeurs qui nous unissent. En tant que Chef d'Etat de tous les comoriens et comoriennes, ma priorité sera de tout mettre en ½uvre pour renforcer l'Unité des Comores qui seule pourra garantir le développement.
Vous connaissez tous mon attachement à la protection de la jeunesse et à la promotion du genre , je m'engage ici solennellement à mettre en ½uvre une politique innovante aux Comores pour ces deux axes majeurs de mon programme.
Le peuple comorien a choisi de continuer le développement. La continuité d'un régime qui a démontré son patriotisme et sa volonté de développer le pays grâce aux investissements publics et privés. Le changement en nous accordant une confiance car là est le véritable changement celui d'inscrire un régime sur la durée par la force du débat démocratique. L'Etat de droit aux Comores s'en trouve désormais renforcé.
Les comoriens doivent mettre fin aux divisions et lutter contre les ennemis des Comores pour que le développement ne soit plus un rêve mais une réalité perceptible. Et ce bel avenir ne dépend que de notre volonté.
Permettez moi ici de présenter mes vifs remerciements à tous les acteurs de ces élections libres et démocratiques, les premières élections harmonisées des Comores ; grâce à quoi nous allons pouvoir nous consacrer pleinement dans la recherche de solutions pour le développement des Comores.
Nos remerciements vont particulièrement à l'endroit de nos partenaires de la communauté internationale pour leur soutien et leur disponibilité permanents et au gouvernement comorien sans qui ces élections n'auraient pu avoir lieu. Je rend également un hommage appuyé à S.E. A.A.M. SAMBI qui s'est engagé pleinement dans la réussite du processus électoral en veillant personnellement au respect du chronogramme établi par consensus national.
Il faut saluer le comportement exemplaire des citoyens et électeurs pour leur engagement , ils sont, permettez moi de le dire, les grands vainqueurs de ces élections pour avoir démontré leur maturité, leur civisme, leur patriotisme et plus que tout, leur volonté d'une paix sociale retrouvée et d'une cohésion nationale renforcée.
Restons vigilants, soyons unis dans l'adversité et prions Dieu ensemble pour que les Comores soient à l'instar de nombreux pays un modèle pour l'Afrique et les générations futures.
En cette nouvelle année, je renouvelle mes meilleurs v½ux pour la Nation toute entière.
Mes chers compatriotes,
Aujourd'hui n'est pas le jour pour faire un discours programme, nous allons très, très vite nous y atteler, je voulais tout simplement saisir l'occasion de m'adresser à vous en ce moment solennel pour d'abord vous remercier et demander votre soutien dans le relèvement des défis qui attendent notre cher pays.
A cet instant solennel, mes pensées vont vers mes prédécesseurs des Comores Indépendantes, depuis le Président feue Ahmed Abdallah Abdérémane, jusqu'au Président Ahmed Abdallah Mohamed SAMBI dont je mesure l'immense charge et la lourde responsabilité qu'ils ont eues d'avoir à conduire les destinées de tout un peuple.
J'espère représenter dignement l'avenir proche des Comores et je m'engage à le faire partout ou cela sera nécessaire.
Vive l'Union des Comores
Je vous remercie.
source : Alwatwan







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Abdallah Ben Ahmed, Posté le mercredi 19 janvier 2011 03:52
Continuité avec qui et pour faire quoi ?
Certains diront qu’il est très tôt de critiquer le nouveau pouvoir issu des urnes ! Mais en matière d'analyse politique, on a le droit d'anticiper sur l'avenir en se basant sur le passé et le présent. D’autant plus que sur les 4 exécutifs (Union et îles) 3 se réclament de la continuité du régime Sambi, que MM. Ikililou Dhoinine, Muigni Baraka Said et Anissi Chamsiddine, incarnent (et dans une moindre mesure Mohamed Ali Said).
Les faits sont têtus mais ils parlent: Le bilan du pouvoir sortant n'est pas à la hauteur des attentes des Comoriens. Il n’est pas aussi reluisant qu’on veille nous le faire croire, même si les Comoriens de France et de La Réunion ne sont pas du même avis et donnent l’impression de parler d’un autre pays lorsqu’ils font les louanges du régime actuel. Mais le jour où ils mettront les pieds au bled et constateront qu'il n'y a plus de routes, que les gens crèvent de soif, que les salaires ne sont pas payés régulièrement (je n'oublie pas les 6 mois offerts par le Qatar !), que le courant électrique est "bipé" dans la plus part des régions, que les hôpitaux sont restés des mouroirs,...., ce jour-là, ils comprendront que nous critiquons pour que les choses changent, mais pas parce que nous n’aimons pas untel ou untel. Personnellement, et je ne suis pas le seul, je critique pour que ceux qui ont le pouvoir de décision, réfléchissent aux solutions de nos problèmes et appliquent les mesures nécessaires. Que ça soit Houmadi, Said ou Baco, nous on veut des résultats. Mais si c'est pour nous arroser de discours et profiter des avantages liés aux postes, nous critiquerons. Investiture ou pas, nous devons faire valoir notre droit d'interpeller les dirigeants pour que demain ils ne nous déçoivent pas. S'interdire de tirer la sonnette d'alarme aujourd'hui sous le prétexte que les nouveaux élus n’ont pas encore pris leurs fonctions, c'est donner un quitus à nos politiciens pour qu'ils continuent à ne rein faire pour le pays tout en jouissant des avantages et privilèges liés à leurs fonctions. Je suis en droit de douter sur les capacités réelles du « nouveau » régime, à relever les défis qui l'attendent. Surtout lorsqu'on parle de continuité. Je serai ravi qu'il réussisse car le bien-être de nous tous c'est ce que nous appelons de tous nos vœux.
Mon inquiétude est d’autant plus grande que je n’entrevois pas avec quelle équipe et avec quel projet politique les nouveaux exécutifs vont gouverner ce pays. Connaissant l’appétit de ceux qui ont l’habitude de dire que « c’est notre régime, laissez nous tranquille et attendez le votre », je doute fort qu’on aille prendre les mêmes et recommencer. Avec peut-être une petite ouverture vers certains « politiciens professionnel» fatigués de jouer les opposants.
En effet nous attendons des nouveaux exécutifs, des innovations mais pas une gestion au jour le jour de l'administration publique car l’Etat ce n’est pas seulement l’administration publique. Entre autres choses, nous exigeons des nouveaux pouvoirs (Union et îles) :
- De vrais mécanismes efficaces et pérennes de contrôle des finances publiques y compris les Sociétés d'Etat: Mise en place par exemple d'une Cour des comptes, Bannir et punir la corruption d'Etat,….
- Une politique de mobilisation de ressources financières pour la réhabilitation du réseau routier national et contre donc l’immobilisme dans ce domaine : Mais où sont donc passé les milliards de la Citoyenneté économique ?
- Une vrai politique de formation professionnels capable de capter nos jeunes en difficulté scolaire
- Une justice qui protège les citoyens et leurs biens, et qui rassure l'investissement privé
- Une relance du secteur privé: Renforcer les capacités de négociation avec les investisseurs étrangers pour mettre fin aux "projets" sans lendemain, ouverture dans la transparence, du capital des entreprises étatiques, aux citoyens et à des partenaires stratégiques.
- De s'occuper enfin des plus démunis en investissant le peu de ressources internes dans les secteurs sociaux (santé, éducation, eau, sécurité publique...) au lieu de prioriser les recettes de l'Etat et les bénéfices des entreprise publiques, vers les dépenses liées aux avantages et aux privilèges des dirigeants (voitures, carburant, mobilier des logements administratifs, voyages,....)
- Une libéralisation des médias publiques, pour qu'ils soient au service de tous les citoyens et non un instrument et une boite de résonnance du pouvoir en place.
- De renforcer les capacités des cadres et de redoubler de vigilance dans les négociations avec les investisseurs étrangers ou apparentés, afin d’éviter que notre pays ne devienne un repère pour arnaqueurs et escrocs déguisés en investisseurs qui se servent de « projets » signés avec le gouvernement, pour lever des fonds et disparaitre dans la nature.
- Une véritable politique de décentralisation administrative et une démocratie locale, avec des prérogatives claires des communes.
- Une visibilité diplomatique sur la question de l’île comorienne de Mayotte : Lier les discours aux actes en prenant des décisions susceptibles de desserrer l’étau sur les Comoriens des 3 autres îles à Mayotte. Arrêter donc de discourir d’un côté sur la comorienneté de l’île et de l’autre d’agir sur le contraire (accueil des expulsés, vias de sortie et taxation spécifique pour Mayotte,....) .
La liste n’est sans doute pas exhaustive, et c'est dans ces domaines et dans d'autres sûrement que le nouveau Président et les nouveaux Gouverneurs seront jugés pendant et à la fin de leur mandant.
Lors d’un passage au Comores j’ai entendu des gens dire que dans ce pays il faut désormais avoir honte d’être instruit ou d’être compétent dans un domaine ou dans un autre ! En fait les Comoriens s’accommodent d’un renversement des valeurs qui fait qu’aujourd’hui l’incompétent et le voleur sont honorés et le compétent et l’intègre sont marginalisés ! Et nous nous étonnons de nous embourber dans un immobilisme sans précédent depuis 35 ans !
Or les Comores regorgent de talents qui ne demandent qu’à être valorisés et responsabilisés, sans pour autant faire des courbettes aux « Seyyid » du régime ou tomber dans le lèche-bottisme comme certains. Comme quoi on peut à la fois être instruit, compétent, et rester digne.
Je souhaiterais que les débats dans la presse écrite, audiovisuelle ainsi que dans les blogs, aillent dans un sens constructif à la place des injures et des positions de principe pour ou contre telle ou telle personne. Si d’aucun pense que mes propositions sont mauvaises pour le pays, il y a de la place pour d'autres idées.
Bonne année à tous et à toutes.
Abdallah Ben Ahmed, alias Ben