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Comores : indépendance et démocratie

Comores : indépendance et démocratie Après la deuxième guerre mondiale, le régime colonial Français sort très affaibli. Les nouvelles conditions et la nouvelle donne internationale vont favoriser une véritable prise de conscience et un essor politique dans les colonies.  


Réellement, il s'est produit, la fin du totalitarisme, la liquidation du nazisme, la victoire de la démocratie et la cristallisation de l'idée de liberté et d'indépendance.  
 
Aussi, la naissance  du mouvement de libération dans des nombreux pays asiatiques et africains offre à la lutte pour  l'émancipation des peuples, une nouvelle impulsion.  L'archipel  des Comores est lui aussi concerné par ce vent de démocratie et de liberté ; certes à un rythme très lent et sous les hésitations des autorités Nationales.  
 
En effet, avant l'année 68, la direction politique du pays, confiée au docteur Saïd Mohamed Cheikh et à l'élite politique, n'aidera pas à satisfaire convenablement les revendications du peuple Comorien.  
 
Entre 1946 et 1968, toute tentative d'essai pour instaurer la démocratie par la création des partis politique et des syndicats est brutalement réprimée ; l'exile du Molinaco à Dares-salam et un exemple convainquant de l'absence de perspectives démocratiques à l'intérieur du pays.
A partir de l'année 1968, qui est mondialement connue par ses profonds bouleversements, l'impulsion d'une nouvelle dynamique politique et démocratique ouvrira une ère nouvelle, de profonds changements et d'espoir. 
 
La naissance et le développement des partis et d'organisations de masse vont amplifier le phénomène et renforcer les idées nouvelles. 
 
Quel est alors le rôle  des partis politiques? 

Deux grandes formations naissent en 68 : le Rdpc et Udc. Ces deux formations Comoriennes se mettent d'accord sur le principe de l'évolution du statut de l'archipel et  se réunissent en congrès le 10 décembre 1972, fusionnent pour créer l'Udzima des Comores.  Deux objectifs sont déterminés : - La régionalisation et l'indépendance dans l'amitié et la collaboration avec la France. Le 23 décembre de la même année, la chambre des députés des Comores vote une résolution réclamant l'indépendance et la France prend acte. L'année 1973 et déterminante pour la suite, puisque le peuple Comorien manifeste une réelle volonté d'ouvrir une nouvelle page de son histoire. Fort du soutien que lui accorde le peuple Comorien, le président Ahmed Abdallah Abderamane  (paix à son âme) se rend à Paris pour proposer au président Pompidou, l'ouverture de négociations pour examiner la question de l'Independence. 
 
Elles sont ouvertes le 18 mai 1973 entre le service du ministère des départements et  territoire d'outre-mer et une délégation Comorienne, conduite par Ahmed Abdallah Abderamane. Après un mois de négociations difficiles, la France et les Comores signent une déclaration commune le 15 juin 1973, déterminant les conditions d'accession des Comores à l'indépendance (les Accord de juin). La délégation s'exprime sur toutes les questions.  
 
Les accords de juin 73 

A partir des années 70, l'idée d'Independence prend force et devient  préoccupation de la classe politique Comorienne. 
 
L'Etat avancé de prise de conscience des comoriens lié à la propagande politique du mouvement de libération national des Comores émettant à partir de la radio Tanzanie et du parti socialiste exerce une forte pression sur les deux principaux partis du pays et le régime en place.
 
De sa part, l'association des Stagiaires et étudiants des Comores (Asec), crée en France en 1966, rompt avec le corporatisme et adopte dans son III ème congrès le mot d'ordre des trois antis : anti-impérialisme, anticapitalisme et anticolonialisme. Ces formations et groupements politiques hissent le flambeau de l'anticolonialisme et préconisent l'Indépendance immédiate et sans coopération avec la France. 
 
Progressistes et révolutionnaires, par leur philosophie et leur morale, ils sont convaincus que la présence française aux Comores est synonyme de misère et de régression.  A l'intérieure du pays, la démocratisation progressive de la vie politique va favoriser l'émergence de plusieurs autres groupements politiques  qui prennent le relais. 
 
Après les grandes phases de l'évolution politique du pays, marquées essentiellement  par l'union française en 1946 et l'autonomie interne, les accords de juin 73  posent avec force l'épineuse question de l'Independence  des Comores. 
Ces accords envisagent l'indépendance dans un futur proche et dans le respect de l'unité nationale. 
Ils prévoient de consulter les populations dans un délai de cinq ans, période au cours de laquelle l'exercice des compétences sera progressivement pris en charge par les Comoriens. 
 
Au niveau économique et financier, il est aussi envisagé une représentation des Comoriens dans la commission compétente de l'économie et des finances, la création d'une banque des Comores pour émettre des billets et des pièces propres à l'archipel. L'enseignement sera dirigé par un vice-recteur désigné par le président  du Conseil sur proposition du ministère de l'Education nationale. 
 
Dans les cinq ans, la France s'engage à créer des stages de formations au profit des cadres techniques Comoriens dans presque tous les services et les Comores seront associées aux ambassades de France de la région comme le Kenya et Madagascar et participeront à des négociations, des conférences et des réunions internationales. 
 
Mais dommage puisqu'au fond, les accords de juin ne seront qu'une suite aux intentions du gouvernement Français.  
 
La contradiction tient au fait que “la France coloniale” est favorable à la départementalisation de Mayotte et la totalité des membres de la commission des lois insiste que soit formulé sans ambiguïté que la consultation se fera “Ile par Ile”, même si certains  de la classe politique française plus réaliste défend l'unité de l'archipel, uni par l'histoire, la culture, la langue et la religion.  
 
C'est le cas du ministre des Dom-Tom qui, dans ses nombreuses interventions, a toujours déclaré : “La vocation de la France n'est pas de diviser les pays qui veulent accéder à leur indépendance. C'est le cas des Comores qui ont la même langue, la même religion les mêmes intérêts économiques et politiques”. 
 
Dans une conférence de presse du 24 octobre 1974, le président Valery G. D'Estaing déclare : “Pour ce qui est de l'ile comorienne de Mayotte, il s'agit de l'archipel des Comores. C'est un archipel qui constitue un ensemble, c'est une population qui est homogène dans laquelle,  il n'existe pratiquement pas de peuplement d'origine française”. 
 
A new York, le 23 septembre 1977, devant l'assemblée des Nations unies, le représentant de la France déclare : “Il n'est pas question des populations des Comores, mais du peuple comorien, d'un seul peuple uni et homogène”. 
 
Malgré toutes ces prises de positions, jointes d'arguments politiques, historiques, culturels, socio-économiques et autres, les sénateurs français amendent le projet de loi pour parler des populations au lieu d'une seule population Comorienne. 
 
Devant  toutes ces man½uvres incompréhensibles et regrettables, la classe politique comorienne ne comprend plus rien. La consultation prévue par la loi de novembre 1974 a bien lieu et globalement les Comoriens s'expriment à plus de 95% pour l'Indépendance. 
En mars 1975 une mission parlementaire se rend aux Comores, la première du genre dans l'histoire de la Vème République, elle rapporte de ce voyage que les habitants de Mayotte ne peuvent pas être abandonnés à leur sort. Une volonté nette de la France de briser l'unité nationale des Comores. 
 
Que faire alors ? S'interrogent  les autorités politiques Comoriennes 

Devant l'immobilisme et l'irréalisme des autorités françaises, la chambre des députés proclame unilatéralement l'Indépendance. 
 
Ahmed Abdallah Abderemane est élu chef de l'Etat par 32 députés sur 33 présents et la chambre des députés s'érige en assemblée nationale. Le nouveau chef d'Etat déclenche la guerre de salive et attribue à la France toute les responsabilités des évènements futurs : “Nous sommes la viande et la France, le couteau”. 
 
La France se déclare disposée à entamer avec le gouvernement Comorien les transferts des responsabilités, mais vis-à-vis de Mayotte, la France entend “tenir compte de la volonté exprimée par les Maoré”. 
 
“La France n'a rien compris..... Nous n'abandonnerons jamais Mayotte”, déclarent les autorités Comoriennes.  
 
Sur le plan International, le Nouvel Etat des Comores est  vite reconnu par la communauté internationale, qui condamne également l'occupation de l'ile Comorienne de Mayotte par les troupes françaises.  
 
La rupture entre les deux pays est donc consommée, laissant place à l'omniprésente question de l'ile de Mayotte. 
 
Source : Al-watwan N° 1982 du mercredi 4 juillet 2012
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#Posté le jeudi 05 juillet 2012 05:23

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